Ils bâtirent de leurs propres mains, dans les déserts et les lieux sauvages…

850 ans d’histoire


L’Abbaye de la Réau, un témoignage de l’incroyable élan de création qui s’empare des communautés monastiques nées au Moyen-Âge.

Histoire d’une abbaye

Fondée au XIIème siècle sous la protection d’Alienor d’Aquitaine,  l’abbaye est située aux confins du Poitou et de la Marche dans un lieu assez reculé pour qu’une communauté de chanoines puisse y vivre conformément à la règle établie par St Augustin.

A la fin du XIIIème siècle, l’abbaye connaît un développement considérable, elle étendra son pouvoir spirituel jusqu’en Bretagne par l’intermédiaire de nombreux prieurés. L’abbaye est fortifiée pendant la guerre de Cent Ans.

   

Au XVIème siècle, des troubles se déclarent avec l’abus du régime de commende qui précipite l’abbaye dans une ère de déclin et de décadence.

En 1531, Antoine de Guillerville, un ancien chef de bande, véritable figure de reître, s’empara par surprise de la Réau où il fit ripailles pendant plusieurs semaines après avoir chassé les religieux. Arrêté sa tête fut fichée et attachée à la plus haute tour de l’abbaye.

L’infiltration des idées calvinistes fut forte jusqu’au moment où l’abbaye fut mise en tutelle et tomba un temps en confidence. C’est un prête nom qui touche les revenus de l’abbaye pour les remettre aux bénéficiaires, des partages d’intérêts s’organisent.

Au moment de la Ligue, (1599-1595), la Réau devient place forte, une vingtaine de soldats y vivent en même temps que les chanoines.

Vers 1600, la Réforme s’impose partout. Les riches abbés commendataires successifs ne veulent pas gréver leurs revenus: ils n’engagent pas de frais de réparation des immenses bâtiments. L’abbaye est à l’abandon, les moines vivent comme des petits rentiers, sans guère plus de sentiments religieux, chacun avec son petit bénéfice particulier.

En 1616, Louis XIII fait don de La Réau à François de la Rochefoucauld.

En 1653, son neveu Louis, (baptisé dans les bras de Louis XIII) réforme l’abbaye en passant un concordat avec l’abbaye de Ste Geneviève (les Génovéfains), pour revenir à une plus grande rigueur dans la vie monastique et « remettre l’abbaye dans son ancienne splendeur ». L’abbaye vit alors sous le dédoublement abbatial et prioral : l’abbé touche ses revenus, le prieur dirige l’abbaye.

Après lui, on retombe dans le cycle des abbés insouciants parmi lesquels Claude Séguin, médecin d’Anne d’Autriche qui se fit prêtre, et Arnaud d’Artagnan, le frère du fameux mousquetaire.

Il faut attendre le XVIIIème siècle, pour qu’un programme de reconstruction rende son éclat à l’abbaye. Le prieur Hénin jouera un rôle essentiel avec son administration sage en réformant et aménageant les bâtiments.

La dissolution des ordres monastiques entraine la dispersion des moines en 1791. Puis en 1798 la vente des bâtiments comme biens nationaux marque le début du démantèlement de l’église.

Un pensionnat y est installé sous l’Empire. En 1824, Nicolas du Verrier de Boulzac achète la Réau pour la transformer en demeure privée.

L’abbaye est classée monument historique depuis 1941.


Glossaire
La commende : Les bénéfices ecclésiastiques pouvaient être donnés à un religieux ou à un laïque par l’église.  C’est ce que l’on appelle la commende. Et sous ce régime L’abbaye de La Réau était devenue un revenu « attribuable au premier venu ».
Les Augustins et les Génovéfains : Les Augustins sont des religieux qui suivent la règle dite « de Saint Augustin ». Les chanoines étaient des ecclésiastiques pourvu d’un canonicat,  c’est-à-dire d’un bénéfice.  Les Genovéfains sont des chanoines réguliers de la congrégation de Sainte-Geneviève.

Architecture

L’arrivée à la Réau est un spectacle qui trouble l’imagination où l’on découvre d’imposants bâtiments des XII, XV, XVII et XVIIIème siècle au milieu de la futaie, dans la vallée du Clain canalisée par les moines sur 500 mètres.

L’ abbaye dont la fondation remonte au 12e siècle fut plusieurs fois remaniée, sauvée de la ruine.

A gauche, un logis du 17e siècle celui de l’Abbé, quelques dépendances, et à droite la masse des bâtiments conventuels avec une forte tour à mâchicoulis, l’abbatiale à ciel ouvert avec ses échauguettes caractéristiques.Il est difficile de se faire une idée de l’importance de l’abbaye à la vue des vestiges.

Les bâtiments monastiques présentent une ordonnance stricte et sobre qui ne permet pas d’imaginer l’état de l’abbaye au 12e ou au 14e siècles. Seule, la vue cavalière du Cabinet des Estampes donne une image de ce que l’Abbaye était à la fin du 17e siècle, et une maquette permet aux visiteurs de reconstruire par l’esprit, ce monastère que ni les hommes ni le temps n’ont épargné.

L’abbaye apparaît alors comme une forteresse, mais tous ces bâtiments ont disparu ainsi que ceux qui bordaient le Clain. Il ne reste aujourd’hui que les ruines de l’abbatiale, les bâtiments monastiques entre l’abbatiale et le Clain, et celui qui bordait au nord, le cloître.

Jardins et potager

Une remise en état indispensable, longue et coûteuse.

Côté cour, on découvre les jardins à la française plantés d’ifs qui n’ont hélas pas été taillés depuis plus de 10 ans. Une taille douce et progressive permettra de les remettre en forme.

Depuis longtemps à l’abandon, les jardins côtés sud offrent davantage la vue romantique d’un parc anglais. Autrefois, agrémentés de grands carrés de jardins, un travail archéologique et historique est nécessaire avant d’entreprendre des aménagements.

Un carré de potager est créé en 2017 pour faire vivre la famille de notre jardinier, pour y faire biner les enfants, et charmer certains de nos visiteurs qui pourront  déguster une salade de tomates du jardin préparée par Sylvie.

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