Qui sommes-nous?


Noémi Brunet: Historienne de l’art. A participé à des fouilles archéologiques à Bordeaux. Passionnée de patrimoine. Entreprend dans la tradition du bâti ancien, la restauration de deux maisons ruinées à pans de bois dans les quartiers historiques de Gaillac (Tarn) puis de Saint-Fargeau (Yonne).

Michel Guyot: Sauveteur du château de Saint-Fargeau dans l’Yonne. À l’origine du chantier médiéval de Guédelon, et créateur des spectacles historiques de St Fargeau qui regroupent 800 bénévoles. Oeuvre également à la restauration de 3 châteaux médiévaux.

Notre objectif

Propriétaires de l’abbaye de La Réau depuis Octobre 2016, nous avons la ferme intention de redonner à ce lieu exceptionnel toute sa grandeur.

En accord avec la DRAC, et grâce, nous l’espérons, à des fonds levés auprès de fondations internationales, nous voulons reconstruire la nef de l’abbatiale effondrée depuis 2 siècles, et reconstituer le transept, le choeur et le clocher.

Cet objectif ambitieux se fera aussi grâce à votre participation en venant visiter l’abbaye.

abbaye réau

Voici un article de Mathilde Wojylac paru dans InfoÉco le 7 février 2017.


L’Abbaye royale de La Réau reprend vie

A deux pas de Saint-Martin-l’Ars, l’abbaye royale de La Réau sort de sa torpeur. Après seulement deux mois de travail, les nouveaux propriétaires, Michel Guyot et Noémi Brunet ont redonné vie au lieu. En avant-première, ils ont proposé une première visite avant d’ouvrir leurs portes au public le 1er avril.

A quelques pas de Saint-Martin-l’Ars, au bout d’une allée bordée d’arbres, le site de l’Abbaye royale de La Réau se découvre. Fermé depuis plusieurs décennies, le premier avril, ce lieu fantastique va rouvrir au public grâce à un couple de passionnés, un amoureux des vieilles pierres.

Des propriétaires passionnés de vieilles pierres

Michel Guyot est « un fou de patrimoine. C’est ma raison d’être, ma vie, ma passion ». Dès son plus jeune âge, ce Bourgignon arpente les chantiers de reconstruction. En 1979, à 30 ans, avec son frère Jacques, ils se lancent le pari un peu fou de réhabiliter le château de Saint-Fargeau (près d’Auxerre, dans l’Yonne). « C’était un coup de bluff, mais nous avons fait 50 000 entrées dès la première année ! » Il mène les travaux, les visites, la communication et imagine même pour l’été un grand spectacle. C’est un succès. En 1995, il découvre que sous Saint-Fargeau existe un château médiéval. Le projet Guédelon voit ainsi le jour. Avec la devise « Construire pour apprendre », une équipe de passionnés bâtit chaque jour un château fort du XIIIe siècle avec les mêmes matériaux et techniques qu’au Moyen-Age et le tout sous les yeux des touristes. Les droits d’entrée financent d’ailleurs les travaux.

« Je ne m’arrête jamais et je fais partie d’une association qui s’occupe de châteaux et plus largement de monuments en péril. Nous essayons de trouver le bon acquéreur pour reprendre ces demeures. En parcourant les sites internet de vente, je tombe alors par hasard sur une photo de l’Abbaye de La Réau. C’est le coup de foudre immédiat. » Avec son épouse Noémi, ils prennent alors la route à 5 h du matin et viennent découvrir l’Abbaye. « Elle est d’une beauté transcendante. L’abbatiale, la salle capitulaire, le cloître … tout m’a plu ! Et comme je suis plutôt d’un tempérament : « il vaut mieux agir que gémir », 24 heures plus tard, nous faisions une proposition d’achat. Je n’avais pas d’économies, je ne suis pas un milliardaire, mais une banque a bien voulu nous suivre. » Les voici donc heureux propriétaires du site.

Dans l’intimité d’un moine

Après deux mois et demi de travail au cours desquels ils ont dompté la végétation et réalisé un grand ménage, le couple s’est employé à habiller plusieurs salles de l’abbaye. Elles ont été meublées, décorées, reconstituées comme si elles avaient été laissées en l’état au XVIIIe siècle. Il y a ainsi le réfectoire, le salon, les chambres, la pharmacie, le scriptorium, la lingerie … Au total, une vingtaine de pièces sont ouvertes. « Nous voulons simplement redonner vie au lieu, faire transparaître la vie quotidienne, comme si les moines étaient partis se promener et que nous en profitions pour visiter leur demeure. L’idée est que chaque visiteur puisse se balader, déambuler assez librement dans les pièces, découvrir la vie monastique en lisant les petites notes. » Et l’idée est d’intéresser aussi bien les parents que les enfants avec une grande énigme à résoudre pour ces derniers. « Nous ne voulions pas faire une visite ennuyante, mais bien un lieu que les familles s’approprient, où elles peuvent venir pique-niquer et passer une après-midi à découvrir ce lieu, comment on vivait autrefois. » Des activités seront aussi proposées : faire du pain, tailler une pierre, écrire à la plume … L’extérieur aussi offre de nombreuses possibilités : les ruines de l’abbatiale, les maçonneries extérieures qui permettent de voir les fondations du XIIe siècle, un grand parc arboré, un petit ruisseau … Pour découvrir ce nouveau lieu, tout commencera le 1er  avril …

Mathilde Wojylac

Un projet d’envergure

Pour redonner vie au lieu et faire face aux charges, l’abbaye devra accueillir 10 000 visiteurs. « Nous avons eu un très bon accueil de la commune de Saint-Martin-L’Ars, ainsi que du Département de la Vienne par le biais de l’Agence touristique, souligne Michel Guyot. Nous espérons bien pouvoir développer d’autres projets. Notre volonté est d’aller plus loin. Dans un deuxième temps, mon rêve serait de reconstruire l’abbatiale pour nous retrouver dans les pas des bâtisseurs. Le site est classé, nous ne pourrons pas refaire comme à l’époque, mais ce serait une belle aventure. Il nous faudra trouver des partenaires, c’est un projet ambitieux, mais une fois le chantier lancé, la dynamique serait enclenchée. »

L’histoire de l’Abbaye de La Réau

L’Abbaye Notre-Dame de la Réau a été construite au XIIe siècle, sous la protection d’Aliénor d’Aquitaine, pour une communauté religieuse de l’ordre des Augustins. Elle est fortifiée pendant la Guerre de 100 ans (XIVe siècle). « A l’époque médiévale, elle était occupée par une soixantaine de moines, note Michel Guyot, au XVe siècle, leur nombre a diminué pour atteindre au XVIIIe, cinq moines et leurs domestiques. » Au XVIIIe siècle, le site connaît une période de réorganisation. Les pièces perdent leur usage originel. En 1791, avec la dissolution des ordres monastiques, les moines quittent l’abbaye. En 1798, les bâtiment sont vendus comme biens nationaux et l’abbaye devient un pensionnat. « Avec les guerres de religion, la Révolution, les bâtiments sont écorchés. Il ne reste aujourd’hui qu’un tiers de la construction originelle. » En 1824, un particulier rachète l’ensemble pour le transformer en demeure privée. L’abbaye est classée monument historique en 1941. Les anciens propriétaires n’ayant plus les moyens de l’entretenir, elle est mise à vendre en 2015.

Mathilde Wojylac